Article

« Nous les femmes rurales tchadiennes, nous passons beaucoup plus de temps à travailler que les hommes. Nous travaillons au champ, et en plus nous nous occupons toutes seules de la maison et des enfants (préparer les repas, puiser de l’eau, ramasser du bois, faire le ménage, laver les enfants etc.). Certaines femmes comme moi par exemple ont le double de travail, car en plus d’aider à cultiver le champ de leur mari, elles ont aussi leur propre parcelle à cultiver. Etre propriétaire c’est normalement un facteur d’autonomisation pour permettre de ne plus dépendre des hommes pour la nourriture et les besoins de base du foyer. Mais en réalité c’est épuisant ! En période de récolte, certaines d’entre nous sont obligées d’amener leurs enfants au champ, et parfois de passer plus d’une semaine à travailler sans rentrer à la maison. L’homme rural tchadien a une vie beaucoup moins pénible : il cultive son champ avec l’aide de sa femme, et ensuite il peut se distraire et se reposer comme il le souhaite... Dans nos traditions, les hommes ne participent pas aux taches domestiques. Chaque matin des millions de femmes rurales tchadiennes comme moi se lèvent pour accomplir toutes seules un travail immense et pénible. Que cela soit au niveau agricole ou domestique, la femme rurale travaille plus que n’importe qui au Tchad. Et pourtant chaque soir elle se couche épuisée sans aucune reconnaissance. Il est urgent que cela change.


INVESTIR DANS LE POTENTIEL DES FEMMES RURALES BÉNÉFICIERAIT A TOUS ET AUGMENTERAIT LA SECURITE ALIMENTAIRE AU TCHAD


-               Investir dans des programmes de sensibilisation au niveau communautaire permettrait d’ouvrir un dialogue sur la charge de travail.


-               Etablir un plus grand équilibre entre la charge de travail de la femme et celle de l’homme, en incluant toutes les formes de travail (travail agricole mais aussi travail domestique) permettrait à chacun un épanouissement personnel plus grand et bénéficierait à l’ensemble de la famille.


-               Appuyer la création de crèches ou de garderies communautaires permettrait à la femme rurale de pouvoir avoir du temps pour se reposer, ou participer à des activités de renforcement de capacités comme l’alphabétisation, ou des rencontres communautaires et associatives.


Partager:

Tags: Law, Juggement, lawyer, Cases

Comments